Lisette siégeFace à la pénurie d'écoles dans le 3e arrondissement de Marseille, 6 000 logements vont sortir de terre, mais pas d'écoles. La rentrée 2017 s'annonce catastrophique. Un collectif « Ecoles publiques » dénonce une folie immobilière et moi, Lisette Narducci, maire de secteur (PRG), je commence à mettre en doute mon alliance de « gestion » avec le sénateur - maire (LR), Jean-Claude Gaudin…

 "Je suis très inquiète, cela fait un an que je fais remonter mon inquiétude à la mairie, compte tenu du développement de logements trop dense, trop important sur un territoire ramassé sur lui-même, c'est à dire le centre-ville. Je suis inquiète par rapport aux constructions en cours et celles qui sont à venir, celles pour lesquelles j'ai donné un avis défavorable au permis de construire. Je dis stop, on arrête ! On arrête car aujourd'hui, on a des écoles qui sont complètement saturées même si j'ai pu obtenir des engagements dans le cadre de cette alliance de gestion, qui je le dis et le répète tout le temps, ne pourra JAMAIS être une alliance politique ! Pour moi l'accord était basé sur l'engagement de débloquer et de faire avancer des dossiers très importants, dont celui de l'école, puisque pour moi c'est la priorité.

Il y nécessité de construire des écoles pour accueillir des enfants, pour soulager les écoles actuelles. On a dans le 3e arrondissement des écoles à plus de 400 élèves, ce sont des écoles de la taille d'un collège. je suis inquiète par rapport à la rentrée 2017…

Avec 6 ouvertures de classes depuis la rentrée, aujourd'hui nous sommes au taquet. On n'ira pas plus loin. Donc quid des inscriptions futures ? Ce soir, je tiens une réunion de bilan de rentrée avec des directeurs d'école, des représentants de parents d'élèves... Je ne cache pas ma grande inquiétude et mon agacement de voir que les choses ne vont pas aussi bien que ce qu'elles devraient.

Mais la situation des quartiers nord y est tout aussi inquiétante ! On en a beaucoup parlé d’ailleurs. Même si un effort a été fait, en terme de travaux, cela ne changera rien quant à la capacité d'accueil des établissements. Les 2 et 3e arrondissements de Marseille, sont les seuls arrondissements où les effectifs sont en augmentation constante d'année en année. Il y a un projet de construction sur la rue Loubon de plus de 400 logements, j'ai dit non. Ce n'est plus possible de continuer à construire de manière aveugle et j'ai indiqué aux services de l'urbanisme, que je ne voulais pas de ce permis de construire. J'ai dit oui à une opération de logements, mais à taille humaine, accompagnés de services indispensables, c'est à dire crèches, écoles à minima et bien sûr des espaces de respiration entre les bâtiments.

Je vais donc relancer madame Caradec (adjointe au maire à l'urbanisme et présidente d'Euro méditerranée) à ce sujet… J'ai aussi interpellé le maire de Marseille, sur le retrait d'un rapport en conseil municipal concernant l'école Ruffy (préfabriqués), il m'a dit qu'il m'avait promis cette école… Mais ma crainte, c'est que le projet arrive trop tard. J'ai pu obtenir du propriétaire du garage Renault, mitoyen de l'école National qui connaît d'énormes problèmes, pour que la ville puisse acquérir ces locaux de 1500 m2 qui pourraient devenir une extension de l'école et non pas un accueil supplémentaire. Pour que l'on puisse proposer des conditions plus confortables d'accueil aux enfants. C'est en cours, il y a une validation, Mais je sais comment les choses fonctionnent, ça va prendre du temps…

Mardi 4 octobre a eu lieu la concertation sur le PLU, je suis intervenue quand j'ai vu la densification prévue sur le centre-ville, j'ai dit arrêtez ! C'est une erreur que d'aller dans cette voie-là. Une erreur que l'on va payer demain. Il nous faut accueillir de nouveaux arrivants, mais encore une fois il faut que ce soit à taille humaine et que les équipements suivent. Tant que l'on n'aura pas les services nécessaires destinés aux familles, nous ne serons pas dans le vrai. C'est ma préoccupation première. Je suis sur ce combat-là. Dans toutes mes interventions, au GIP, à l'Anru... je répète inlassablement la même chose, parce que je suis convaincue que l’on n’est pas sur le bon chemin. Aujourd'hui avec Euromed, j'ai un secteur qui est coupé en deux. Mon secteur, c'est le petit Marseille, vous avez le 2e arrondissement qui bénéfice de l'apport d'Euromed et qui se développe bien, où des choses spectaculaires se réalisent. Le 3e arrondissement est à l'opposé de cela. On a des projets Anru qui sont nombreux, sauf qu'ils sont peut-être trop nombreux en terme de construction. Ce dont au aurait besoin dans le 3e arrondissement : les équipements !  Et il n'y en a pas ! Ou seulement deux ! Mais c'est une ville de 45 000 habitants. Est-ce qu'on peut imaginer, une ville comme Aubagne, sans véritable jardin et avec deux équipements, dont un, le complexe Ruffy, où la mairie de secteur n'a pas de créneau d'accès. Il ne faut pas construire une ville dans la ville, il faut accompagner l'évolution des quartiers, et rajouter le grain de sel qui fait que c'est agréable à vivre.

Arrêtons la densification aveugle ! Aujourd’hui, je suis encore dans le dialogue. Je dis : il faut m'écouter. Les choses que j'ai à dire sont d'intérêt général… J'espère que le maire va m'écouter, mon alliance est à ce prix-là, faire avancer les projets d'école. Il ne faudrait pas que ça tarde trop."

D’après les propos recueillis par Catherine Walgenwitz / La Marseillaise